Ah, l’amour…
Samedi soir, c’était l’anniversaire de O..
Nous étions tous les quatre, O., L., M. & moi à célébrer cela autour de milliers de bouteilles de champagne et de millions de petits toasts préparés avec amour toute l’après-midi par notre hôtesse.
Nous avons beaucoup bu, beaucoup mangé, et beaucoup parlé.
La veille, O. a reçu un cadeau de son ex. Le cadeau. Ce truc qu’on rêve de vivre, qu’on rêve de faire un jour. Et qui plus est, qu’on rêve de vivre et de faire en amoureux.
Son ex, elle l’aime toujours. Et lui l’aime toujours.
Sauf que, parfois, s’aimer ce n’est pas suffisant.
Elle avait donc eu du mal à le quitter, mais, comme elle le disait, malgré cet amour, elle l’avait quitté “pour les bonnes raisons”.
Malgré l’amour, il lui avait fallu être un peu rationnelle.
Plus tard dans la soirée, M. nous confia qu’elle voulait se séparer de l’homme qui partageait sa vie depuis plus de deux ans.
“Je ne l’aime plus”, nous confia-t-elle.
Et elle nous relata certaines choses qui lui avait fait vivre, qui expliquait pourquoi elle ne l’aimait plus.
La nature et le cœur sont des choses plutôt bien faites. A un moment donné, ils comprennent qu’il faut se préserver et l’amour s’arrête. Parce qu’être amoureux, c’est cela qui fait que même quand cela ne va plus trop bien, tu continues à te battre. Malgré tout.
M. ne l’aimait plus, et pourtant, elle ne voulait pas le quitter. Il venait en effet de lancer sa boîte, était donc actuellement sans revenu, et donc ce serait extrêmement compliqué.
Malgré la fin de l’amour, il lui avait fallu être un peu rationnelle.
J’étais donc là, entre deux filles qui venait ou allait vivre une rupture, pour les raisons les plus éloignées qui soient, et pourtant confrontées aux mêmes conclusions : l’amour, et ben ça n’est ni ne fait pas tout.
Quand deux jours plus tard je fus confronté à un tableau comparatif de tous les hommes qu’avait connu mon aristo, j’étais quelque peu abîmé.
J’ai donc retrouvé A. en terrasse, histoire de parler de tout cela avec lui.
Je parlais, je parlais, repris un verre de vin, et parlais, parlais…
De fil en aiguille, au delà même du tableau, des conclusions et des nombreux questionnements que je pouvais en tirer, j’en vins à parler de diverses choses concernant mon couple avec cet aristo compliqué.
Un matin, sur France Inter, une phrase de Nicolas Sarkozy sur le mariage gay m’a ébranlé. Dieu sait que je ne partage pas beaucoup d’opinions avec ce personnage, mais là, il a pointé du doigt une chose extrêmement juste, un truc du genre : “le désir ne concerne que la personne désirée ; l’amour, la société a besoin de le savoir. Vous aimez quelqu’un, quel que soit son sexe, vous avez besoin que le monde entier le sache”.
Moi, je ne peux pas ne pas être d’accord avec ça.
Apparemment, mon aristo ne voyait pas les choses de la même manière.
C’est alors que j’ai pris conscience que tout allait bien entre nous quand nous étions ensemble. Mais que, pour autant, je ne voyais que trop peu de d’évolutions dans notre couple depuis les quelques premiers mois de notre idylle. Je ne voyais que trop peu de démonstration de sa part quant à son implication dans cette histoire. Je n’avais que trop peu vu son entourage. Je n’avais que trop peu vu son envie de ne pas nous installer ensemble. Je nous avais trop vu sortir de certains lieux quand une personne qu’il connaissait y entrait.Je ne voyais que trop les différents mouchoirs que j’avais pu poser sur tous les éléments qui m’étaient pénibles, et constatait alors que j’arrivais de moins en moins à me contenter de ces moments “entre nous” qui étaient bien.
Au cours de cet échange, et en repensant à ces conversations qui avaient eu lieu deux jours avant, j’en vins à la conclusion que, certes, je l’aimais, et, oui, à priori, oui, il m’aimait également.
Mais je ne pouvais me demander si cela était, là également, suffisant.